Site de Rivière Lézarde

Le Cirad est l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes.

Le Cirad a identifié d’abord deux sites d’enfouissement potentiels de produits phytopharmaceutiques en Martinique, l’un sur un terrain lui appartenant à Rivière Lézarde (commune de Saint-Joseph), un autre sur un terrain lui ayant appartenu au domaine de Moutte (au nord de Fort-de-France). Un troisième site potentiel, sur le Campus agro-environnemental Caraïbe (CAEC) au Petit-Morne (Le Lamentin), a été identifié au cours des investigations.

Afin de remédier à cette situation, le Cirad a décidé de procéder à un diagnostic conduisant à la gestion de ces trois sites d’enfouissement. Cette opération vise à déterminer la présence effective de produits, leur nature exacte, d’analyser l’état de l’environnement à proximité (sol, eau) puis de remettre les sites en état si nécessaire. Le Cirad a fait appel à l’ADEME (l’Agence de la transition écologique) qui apporte toute son expertise technique pour les différentes phases de l’opération.

Le Cirad a mis en place un Comité de suivi de cette opération qui regroupe des représentants de la Collectivité territoriale de Martinique, des villes de Fort-de-France, de Saint-Joseph et du Lamentin, de la préfecture (DAF, DREAL), de l’ASSAUPAMAR - association protection de l’environnement -, de l’ADEME ainsi que les riverains des trois sites. A chaque étape clé de l’opération, le Cirad rend compte au comité de suivi, de l’avancée des travaux et des initiatives prises en totale transparence. Ce comité s’est déjà réuni 4 fois.

Le Cirad, à l’issue d’une consultation publique, a sélectionné, en janvier 2025, la société EODD Ingénieurs Conseils ( https://www.eodd.fr/ ) pour l’assister dans la maitrise d’ouvrage tout au long de l’opération. Le phasage de l’opération a été défini en accord avec la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués qui se réfère à la norme NFX31-620 :

  • Phase I : Etude historique et documentaire, dont reconnaissance par géophysique : de février à avril 2025 ;
  • Phase II : Diagnostic et plan de gestion : présentation du programme d’investigations en septembre 2025 et présentation des résultats fin 2025 ;
  • Phase III : Travaux d’enlèvement des déchets et de dépollution si pollution avérée : de juin à septembre 2026.

La première étape pour localiser plus précisément les enfouissements s’est déroulée de février à avril 2025. Dans le but de préciser de manière non intrusive la localisation pressentie des enfouissements, EODD a déployé la méthode géophysique qui consiste à mesurer les variations de la conductivité du sol par induction électromagnétique. Les analyses des données ont permis de définir les plans de fouille des sites.

La phase II – dite de « diagnostic et d’investigations intrusives » - a démarré en juillet. Le CIRAD a missionné la société GINGER BURGEAP (présente en Martinique). Cette dernière, sous la supervision de l’ADEME, a réalisé une première série de 82 prélèvements de sols et d’eaux qui ont été envoyés au laboratoire EUROFINS accrédité par le COFRAC (l’unique organisme de référence en France en matière d’accréditation). Ces analyses chimiques ont recherché la présence d’une liste de molécules incluant les produits phytopharmaceutiques identifiés lors de l’audit interne – ces produits étant des nématicides, catégorie de produits utilisée pour protéger les plantes des parasites.

Des informations complémentaires seront prochainement fournies.

Les premières conclusions sont rassurantes : Aucune pollution des sols et des eaux par rapport aux molécules testées n’a été détectée sur les différents sites. Des analyses de sols complémentaires seront réalisées prochainement pour vérifier ce résultat sur d’autres molécules.

Sur la parcelle de Rivière Lézarde (commune de Saint-Joseph), des recherches approfondies ont été menées pour identifier des déchets ou des traces de déchets. Ces travaux n’ont pas été conclusifs à ce stade.

Sur le domaine de Moutte (au nord de Fort-de-France), une ancienne fosse septique a été localisée, son contenu sera identifié prochainement.
Sur le site du CAEC (au Lamentin), les éléments enfouis ont été trouvés et correspondent à des déchets de chantier (ferrailles, plastiques, verres, béton…).

La phase III - évacuation et l’analyse des déchets retrouvés – devrait se dérouler jusqu’en juillet 2026.

La fosse septique du site de Moutte sera excavée avec précaution, sécurisée, et son contenu sera analysé. En fonction des résultats des analyses, les déchets seront traités par des filières agréées en Martinique ou dans l’hexagone.

Sur le site du CAEC (qui appartient au Cirad), les déchets enfouis trouvés étant des déchets de chantier, ils n’impactent pas les sols et il n’y a donc pas lieu de prévoir leur retrait.

Le Cirad viendra présenter les résultats de cette phase, conformément à son engagement de responsabilité et de transparence.

Le Cirad se tient à la disposition des populations pour répondre à leurs éventuelles questions concernant cette opération. Vous pouvez d’ores et déjà trouver quelques éléments de réponse dans la foire aux questions ci-dessous ou nous contacter directement : contact@desenfouissement-martinique.fr

Foire aux questions

  • Comment les sites d’enfouissement ont-ils été identifiés ?

    Le Cirad a pris très au sérieux les travaux de l’Assaupamar concernant le site de Rivière Lézarde et a conduit un audit interne. Cet audit a permis d’identifier avec précision la parcelle où se trouveraient les produits enfouis et, par ailleurs, d’identifier deux potentiels autres sites d’enfouissement (à Moutte et au Petit-Morne).

  • Quels seraient les produits enfouis ?

    Il s’agirait, a priori, de produits phytopharmaceutiques, de résidus d’essais menés en parcelles expérimentales par le Cirad.

    Plus précisément, il s’agirait majoritairement de nématicides, une catégorie de produits utilisés pour protéger les plantes de vers vivant dans les sols et de fongicides (pesticides dont la propriété est de contrôler, repousser ou détruire les champignons, susceptibles de se développer sur les cultures). L'identification précise de ces produits n’est pas encore connue à ce jour, mais les premiers éléments indiquent très vraisemblablement qu’il ne s’agirait pas de chlordécone.

    Les données recueillies restent encore à préciser, avec des quantités estimées à plusieurs dizaines de kilos. Ces quantités correspondent à ce qui est nécessaire pour traiter une superficie d'environ un hectare en bananeraie.

  • Quelles activités ont lieu sur les terrains concernés par les opérations d’excavation ?

    Sur le terrain de Rivière Lézarde, un agriculteur cultive des bananes. Le terrain de Moutte est proche d’un logement que le Cirad loue mais actuellement inoccupé. Le CAEC au Petit-Morne est le site principal et historique du Cirad en Martinique, l’enfouissement serait en amont du parking.

  • Pourquoi ces produits auraient-ils été enfouis ?

    Il s’agit d’opérations relativement anciennes ; nous n’avons pour l’heure pas connaissance des motifs qui auraient conduit à une telle situation qui est évidemment regrettable.

  • Est-ce que nos terrains, jardins, ont pu être pollués ?

    Les 82 analyses des sols et de l’eau indiquent l’absence de contamination dans les trois sites.

  • Quels seraient les risques pour la santé ?

    À date, aucun cas particulier d’effet indésirable lié à la présence de ces produits n’a été signalé.

  • Est-ce que cette opération présente un quelconque danger ?

    Le Cirad n’est pas spécialiste de ce type d’opération et d'une part, fait appel à des experts externes (Assistant à la Maitrise d’Ouvrage, la société EODD ; bureau d’études Ginger Burgeap) et, d’autre part, travaille en étroite collaboration avec l’ADEME qui a une longue pratique d’intervention sur des sites pouvant être exposés à la présence de déchets. Ainsi toutes les précautions seront prises pour que les produits soient évacués, conformément à la réglementation et avec des conditions de sécurité maximales. Les produits retirés rejoindront une filière de traitement adaptée et spécifiquement prévue à cet effet.

    Il s’agira d’une opération standard qui ne nécessitera pas d’évacuer les habitations ni de précaution particulière à prendre pour les riverains. Les trois périmètres sont de quelques dizaines de mètres carrés et seront sécurisés.

  • Combien de temps va durer l’opération ?

    Les travaux vont encore durer sur le 1er semestre 2026.

  • Qui contacter pour obtenir des informations sur l’opération ou poser des questions ?

    Si vous n’avez pas trouvé la réponse à vos questions dans cette foire aux questions, vous pouvez adresser vos questions à l’adresse suivante : contact@desenfouissement-martinique.fr

  • Qui sommes-nous ?

    Le Cirad est l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes.

    Avec ses partenaires, il co-construit des connaissances et des solutions pour des agricultures résilientes dans un monde plus durable et solidaire. Il mobilise la science, l’innovation et la formation afin d’atteindre les objectifs de développement durable.
    Il met son expertise au service de tous, des producteurs aux politiques publiques, pour favoriser la protection de la biodiversité, les transitions agroécologiques, la durabilité des systèmes alimentaires, la santé (des plantes, des animaux et des écosystèmes), le développement durable des territoires ruraux et leur résilience face au changement climatique.

    Présent sur tous les continents dans une cinquantaine de pays, le Cirad s’appuie sur les compétences de ses 1800 salariées et salariés, dont 1240 scientifiques, ainsi que sur un réseau mondial de 200 partenaires. 

    En Martinique, le Cirad, fort de ses 50 salariés permanents et avec ses partenaires accueillis au Campus agro-environnemental Caraïbe, œuvre via la recherche pour un développement durable de la Martinique et plus globalement des Antilles et de la zone caraïbe, en répondant aux nouveaux défis de l’agriculture et de l’environnement dans un milieu insulaire sous fortes contraintes.